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Préparation à la vie publique, Luc [3,1-4,13]Abbé Baumann

La préparation ultime au ministère public de Jésus : généalogie, tentations au désert

I.Le baptême de Jésus

C’est un rite radicalement nouveau :

  • il n’est pas prescrit par la Loi mosaïque
  • il n’est pas conçu comme purifiant du péché originel : ce rôle était dévolu au rite de la circoncision, aux yeux des juifs
  • il n’entraîne aucune adoption divine : pour être fils de Dieu, au regard des juifs, il suffisait de descendre d’Abraham
  • il se distingue des ablutions rituelles habituelles : il est donné une seule fois, sans pouvoir être réitéré. 

Le fait qu’il soit donné par Jean Baptiste dans les eaux du Jourdain ne saurait être dû au hasard : il est au contraire très significatif, quand on sait que c’est en traversant le Jourdain que le peuple élu était entré en possession de la Terre Promise, au terme de son Exode de 40 ans dans le désert. Etre baptisé par Jean Baptiste au Jourdain revenait, pour celui qui le recevait, à montrer qu’il voulait, comme le dit B XVI (Jésus, t.1, p.35), « prendre un nouveau départ pour mener une autre vie ».

C’est un rite pénitentiel qui vise à manifester de manière incarnée la volonté de se convertir de la part de celui qui le reçoit. 

La symbolique de l’eau abonde dans ce sens. Pour le comprendre, il faut se souvenir de l’ambivalence de l’eau dans l’imaginaire juif :

  • les juifs, qui n’avaient pas le pied marin, étaient très impressionnés par la mer : ils y discernaient l’existence d’une puissance terrible et maléfique, d’une puissance de mort (du reste, ils gardaient le souvenir ému de l’épisode du Déluge au cours duquel Dieu avait rayé de la carte l’humanité, à l’exception d’un petit reste)
  • en même temps, dans la région d’Israël, marquée périodiquement par de grandes sécheresses, l’eau était perçue très positivement, comme une source de vie (dans le récit de la Création de Gn 1, l’eau est d’ailleurs l’élément primordial : « la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, et l’esprit de Dieu planait sur les eaux » Gn 1,1). 

En se plongeant dans les eaux du Jourdain au cours du rite du baptême de JB, les juifs avaient présent à l’esprit cette double connotation de l’eau : mort et vie

Ils exprimaient leur volonté de mourir au péché + de s’engager dans une nouvelle existence, vivifiée.

Aucun besoin, c’est clair ! C’est d’ailleurs ce que lui fait remarquer son cousin : « c’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui vient à moi ! » (Mt 3,14).

S’il l’a pourtant fait, le motif est à chercher relativement à nous, les hommes, qui sommes marqués par le péché et avons besoin de nous convertir, de prendre sans cesse un nouveau départ.

Les Pères de l’Eglise ont bien compris cela. Voici 2 motifs qu’ils donnent parmi d’autres  (ST III 39,1-2).

  • Bède le Vénérable : « afin d’approuver le baptême de Jean en le recevant lui-même » : Jésus voulait avaliser l’intuition de Jean Baptiste qu’un rite était nécessaire, en plus des observances légales de la Loi ancienne, pour accéder à une vie nouvelle
  • St Ambroise et St Augustin : Jésus a accepté le baptême de Jean Baptiste pour nous donner l’exemple : « parce qu’il a voulu faire ce qu’il a demandé à tous de faire » (St Aug).

En réalité, le fait que Jésus ait voulu recevoir le baptême de Jean Baptiste a une explication beaucoup plus profonde.

C’est ce qu’explique très bien Benoit XVI (Jésus, t.1, p.37) : le baptême de Jean Baptiste que Jésus accepte de recevoir « exprime (de sa part) la solidarité avec les hommes devenus coupables mais aspirant à la justice (divine) ». Ce que St Paul évoque : « il a pris sur lui nos péchés ».

Le même Benoit XVI fait remarquer juste après (p.38) qu’en sacrifiant à un tel rite, Jésus inaugure véritablement sa vie publique, dans la mesure où, par-là, Jésus « inaugure en l’anticipant la croix »

« Il est en quelque sorte le nouveau Jonas, lequel avait dit aux matelots : ‘Prenez-moi et jetez-moi à la mer’ (Jon 1,12) ».

« C’est uniquement avec la croix que se révèle toute la signification du baptême de Jésus, son consentement à prendre sur lui tout ce qui est ‘juste’. 

Le baptême est l’acceptation de la mort pour les péchés de l’humanité [NB : d’ailleurs, plus tard, chaque fois que Jésus évoque son ‘baptême’, il s’agit d’une allusion à sa mort : cf. ‘je dois être baptisé d’un baptême, et quelle n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit consommé’ Lc 12,50], et la voix qui se manifeste au baptême –‘celui-ci est mon Fils bien-aimé’ [NB : chez Lc : ‘Tu es mon Fils ; moi aujourd’hui je t’ai engendré’] - est une anticipation de la résurrection ». 

NB : Ce lien entre le baptême et la Croix apparaît dans un détail qui ne figure pas dans le récit du baptême de Lc, mais dans les parallèles : JB, avant de baptiser Jésus, le désigne comme étant « l’Agneau de Dieu ». 

Les Pères de l’Eglise donnent encore un autre motif de convenance à ce que Jésus vienne se faire baptiser par Jean Baptiste : il donnait ainsi l’occasion au Père, dont la voix se fait alors entendre, de certifier qu’il n’était pas un homme comme les autres, mais son Fils unique et éternel.

Cette révélation devait créditer l’enseignement qu’il aurait à donner au cours de sa vie publique (ST III 39,8,3).

Certains théologiens (de l’école qualifiée de « libérale ») ont cru pouvoir trouver un autre motif au fait qu’il convenait que Jésus aille se faire baptiser par JB : ainsi, la voix du Père pouvait sortir du Ciel et retentir à ses oreilles, à lui Jésus, et lui faire prendre conscience de sa vocation singulière.

Critique : il s’agit là d’une réminiscence d’une hérésie que nous avons évoquée l’an dernier : l’adoptianisme. Jésus ne serait pas le Fils de Dieu, mais seulement un homme à la destinée exceptionnelle (un super-prophète), dans lequel Dieu aurait fait habiter son Logos (sa force surnaturelle) à compter du baptême (= il l’aurait élevé en un état plus qu’humain, mais pas réellement divin pour autant). On trouve une telle conception des choses chez Arius.

Réponse : 

  • Benoit XVI (Jésus, t.1, p.43) : « on ne trouve rien de tout cela dans les textes (bibliques). Quelle que soit l’érudition dont on habille cette conception, elle relève plus du genre romanesque que d’une réelle exégèse des textes ».
  • D’ailleurs, l’Evangile de l’enfance de Luc va contre cette idée. Le récit du recouvrement, p. ex., est très clair : quand Marie dit à Jésus : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! Ton Père et moi, nous te cherchons, angoissés », celui-ci rétorque : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » 
  • La « maison » dont il parle, c’est l’endroit où Joseph et Marie l’ont retrouvé : le Temple, où Dieu se trouve présent ; le « Père » dont il parle est donc clairement Dieu lui-même.
  • Aucune ambiguïté donc : Jésus n’a pas attendu son baptême pour avoir conscience du lien unique qui l’unissait au Père éternel, lien plus étroit que celui qui l’unissait à sa mère biologique.
  • D’autre part, un micro-détail au début de la généalogie de Jésus va dans le sens d’une conscience de Jésus da sa propre identité divine : « Jésus était, à ce qu’on croyait, fils de Joseph » (à ce qu’on croyait = aux dires des gens, de la rumeur).

 II.La généalogie de Jésus

2 évangiles donnent une généalogie de Jésus : Matthieu et Luc.

Du fait que ces 2 listes divergeaient entre elles, certains critiques ont déduits qu’elles étaient purement fantaisistes et qu’elles ne présentaient donc aucun intérêt.

C’est ne pas comprendre que les Evangiles n’ont pas la prétention de faire de l’histoire au sens scientifique ou archéologique du terme. Leur récit, s’il assume l’histoire, la transcende : ils adoptent une perspective résolument théologique.

Ainsi, on ne doit pas s’étonner que la manière dont Mt et Lc présentent la généalogie de Jésus est largement symbolique. Je n’insiste pas sur la dimension symbolique, que les Pères, friands de numérologie (notamment Origène en Orient et Augustin en Occident), ont dégagé de ces 2 généalogie.

Je souligne seulement quelques éléments vraiment importants.

Matthieu : à la fin de sa généalogie : « Jacob engendra Joseph, époux de Marie, de laquelle naquit Jésus »

Luc : au début de sa généalogie : « Jésus était, selon ce qu’on croyait, fils de Joseph »

1ère différence  

Matthieu la fait descendre d’Abraham, afin d’établir, devant les juifs auxquels s’adresse son Evangile, que Jésus est bien le Messie, fils de David et d’Abraham.

Luc la fait remonter de Jésus jusqu’à Adam

Effets produits par cette disposition de la généalogie chez Luc

  1. en remontant jusqu’à Adam, père commun de toute la race humaine (juifs et non-juifs), Lc, qui s’adresse aux païens, souligne le lien qui unit Jésus à tous les hommes.
  2. Luc pousse le lecteur à établir un parallèle entre Jésus et Adam. Il montre discrètement que Jésus est comme un nouveau départ, qui a la même envergure universelle qu’Adam : de même qu’Adam était le 1er maillon de l’humanité au plan naturel (le père biologique dont tous les hommes descendent), Jésus en est le 1er maillon au plan surnaturel (le principe de la régénération de tous les hommes).

En d’autres termes, Jésus apparaît comme le « Nouvel Adam » qu’évoque St Paul, celui qui est Fils de Dieu au sens strict (comme l’a déclaré le Père lui-même au moment du baptême de Jésus), plus étroitement donc qu’Adam ne l’est, et qui rend l’être humain apte à devenir « fils adoptif » de Dieu bien plus véritablement qu’Adam ne le peut. 

cf. Prologue de Jn : « à ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu » (Jn 1,12-13).

Et le fait que Luc place sa généalogie après le baptême de Jésus (et non avant comme le fait Mt) indique le mode par lequel les hommes sont agrégés à ce Nouvel Adam, et rendus fils adoptifs de Dieu : par le baptême chrétien, dont le baptême de JB est une figure annonciatrice.

cf. Prologue de Jn : « Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce » (Jn 1,16) = de sa qualité plénière de Fils de Dieu, nous avons reçu une participation au moyen de la grâce conférée au baptême.

2ème différence

  • Mt souligne, par la disposition de sa généalogie, le caractère messianique et royal de Jésus.
  • Lc pour sa part met en évidence la fonction sacerdotale de Jésus. C’est ce que remarque St Augustin, cité par St Thomas (ST III 31,3,3) : 

« Lc a inséré sa généalogie non au début de l’Evangile (comme Mt) mais après le baptême du Christ, et voici pourquoi : en plaçant sa généalogie au moment où (selon Jn 1,29) JB déclare ‘Voici celui qui en lève les péchés’, Lc tenait surtout à ce qu’on considère le Christ comme le prêtre chargé d’effacer les péchés’ ».

III.Les tentations au désert

Dans l’introduction de cet épisode, Luc dit la chose suivante : « Jésus (…) fut mené par l’Esprit au désert durant 40 jours, tenté par le diable » (d’autres traductions disent : « pour y être tenté par le diable »). 

Par ces mots, Luc montre clairement que ce n’est pas Dieu qui tente, mais le diable ; le St Esprit se contentant de permettre cet assaut du démon. Là se trouve réprouvée la traduction du Pater « ne nous soumets pas à la tentation »

La même distinction entre le rôle de Dieu et celui du démon dans le mécanisme de tentation apparaissait déjà au livre de Job :

  • dans la discussion entre Satan et Dieu, Satan obtient de Dieu l’autorisation de tenter Job, en lui infligeant toutes sortes de maux = c’est Satan qui tente, Dieu ne fait que permettre cette tentation
  • du reste, on voit que Dieu limite le pouvoir d’action du diable, dans l’interdiction que Dieu lu fait d’attenter à la vie de Job.

Si Dieu permet que Satan tente l’homme, ce ne peut être que pour le bien de ce dernier. C’est là encore ce que nous apprend le livre de Job : Dieu permet ces attaques : 

  • afin que Job ne s’attache à Dieu que par amour de lui, et non pour les biens qu’il en retire (une descendance nombreuse, des biens)
  • pour que Job soit parfait au plan de l’humilité, ne se fiant qu’en Dieu et non en sa propre vertu.

Dans ces conditions (= vus les motifs que Dieu poursuit en permettant que l’homme soit tenté), on peut se demander pourquoi Dieu a voulu que Jésus soit tenté

Cela peut paraître curieux, dans la mesure où Jésus, absolument parfait dans son humanité, avait déjà un amour parfait de son Père, un détachement à l’égard des créatures et une humilité absolue.

Tous les motifs qu’ont trouvés les commentateurs se ramènent à un seul : ces tentations n’avaient aucun intérêt du point de vue du Christ (il n’en avait aucun besoin), mais seulement du point de vue des créatures.

Voici le détail des motifs de convenance des tentations éprouvées par Jésus :

Pour le diable lui-même (ST III 41,1) 

  • C’est quelque chose à laquelle on ne pense pas, mais les démons ne connaissaient pas l’identité divine de Jésus, parce qu’ils ne pouvaient pas s’attendre à ce qu’il vienne sous un visage humain (ils ne voulaient pas l’admettre) ; il était donc que Jésus le leur manifestât à l’occasion notamment de tentations au travers desquelles il montrerait sa perfection absolue. 

Pour nous autres, simples hommes

  • Parce qu’il convenait de venger la race humaine en agissant, en résistant, de manière humaine face aux tentations (parallélisme)
  • Pour montrer aux hommes la portée de sa compassion, il convenait qu’il se montre éprouvant les mêmes épreuves : « nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable » (He 4,15) 
  • Pour que l’homme comprenne bien que la tentation n’est pas peccamineuse en soi : « il a été éprouvé en tout d’une manière semblable, à l’exception du péché » (ibid.) : dans le récit de la triple tentation, on voit Jésus durement tenté, mais jamais pécheur
  • Pour que l’homme ne voie pas dans la tentation une marque de réprobation de la part de Dieu : « tout Fils qu’il était, il eut à apprendre, des souffrances qu’il endura, l’obéissance » (He ??) = même le plus aimé du Père, son Fils bien-aimé, a dû éprouver la tentation.

Encore qu’il soit tout à fait permis de prendre au pied de la lettre le récit des tentations de St Luc, on peut estimer librement qu’il est sans doute largement symbolique :

  • les 40 jours (40 ans d’Exode, 40 jours de Moïse sur le Mt Sinaï), où n’existe pas d’autre appui que la force que Dieu procure à celui qui est tenté.
  • le désert (cf. l’Exode)
  • les 3 tentations éprouvées par Jésus au désert récapitulent toutes les tentations possibles, dans la ligne des 3 concupiscences identifiées par St Jean (1 Jn 2) : pain (concupiscence de la chair) ; 

« L’Ecriture n’aurait pas dit qu’après la tentation le démon s’éloigna du Christ, si dans les trois tentations il n’y avait pas eu matière à tous les péchés (…) : le plaisir de la chair, l’ambition de la gloire, la soif de pouvoir » (ST 41,4,4).

ANNEXES

01 L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène,

02 les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.

03 Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,

04 comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.

05 Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ;

06 et tout être vivant verra le salut de Dieu.

07 Jean disait aux foules qui arrivaient pour être baptisées par lui : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?

08 Produisez donc des fruits qui expriment votre conversion. Ne commencez pas à vous dire : “Nous avons Abraham pour père”, car je vous dis que, de ces pierres, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.

09 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »

10 Les foules lui demandaient : « Que devons-nous donc faire ? »

11 Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »

12 Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »

13 Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »

14 Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »

15 Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.

16 Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

17 Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

18 Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

19 Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, avait reçu des reproches de Jean au sujet d’Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tous les méfaits qu’il avait commis.

20 À tout cela il ajouta encore ceci : il fit enfermer Jean dans une prison.

21 Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.

22 L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

23 Quand il commença, Jésus avait environ trente ans ; il était, à ce que l’on pensait, fils de Joseph, fils d’Éli,

24 fils de Matthate, fils de Lévi, fils de Melki, fils de Jannaï, fils de Joseph,

25 fils de Mattathias, fils d’Amos, fils de Nahoum, fils de Hesli, fils de Naggaï,

26 fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Séméine, fils de Josek, fils de Joda,

27 fils de Joanane, fils de Résa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri,

28 fils de Melki, fils d’Addi, fils de Kosam, fils d’Elmadam, fils d’Er,

29 fils de Jésus, fils d’Éliézer, fils de Jorim, fils de Matthate, fils de Lévi,

30 fils de Syméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonam, fils d’Éliakim,

31 fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Natham, fils de David,

32 fils de Jessé, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Sala, fils de Naassone,

33 fils d’Aminadab, fils d’Admine, fils d’Arni, fils d’Esrom, fils de Pharès, fils de Juda,

34 fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, fils de Thara, fils de Nakor,

35 fils de Sérouk, fils de Ragaou, fils de Phalek, fils d’Éber, fils de Sala,

36 fils de Kaïnam, fils d’Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamek,

37 fils de Mathusalem, fils de Hénok, fils de Jareth, fils de Maléléel, fils de Kaïnam,

38 fils d’Énos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu.

01 Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert

02 où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

03 Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »

04 Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »

05 Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre.

06 Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux.

07 Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »

08 Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »

09 Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;

10 car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ;

11 et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »

12 Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

13 Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

14 Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.